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LETTRE DE FRANCE
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AUTOPSIE D'UN PARTI ASSASSINE

AUTOPSIE D'UN PARTI ASSASSINE

La monarchie dégénère ordinairement dans le despotisme d'un seul ; l'aristocratie dans le despotisme de plusieurs ; la démocratie dans le despotisme du peuple
(Montesquieu)

DIMANCHE 24 AVRIL 2017 23H59

Minuit va bientôt sonner, les chiffres ne sont pas définitifs, ils ne sont peut-être pas vrais, mais le cadavre, lui, est bien mort. Entouré de ses gardes-chiourmes habituels, engoncé dans un tissu de contradictions qui forment un patchwork improbable, "LES REPUBLICAINS" est mort (il s'agit du parti, d'où le singulier).

Incroyable destin que celui de cette famille politique issue du RPF de Charles de Gaulle,  qui pour la première fois de son Histoire et de celle de la Vème République, sera absente du second tour de la Présidentielle. Du jamais vu, même aux pires moments de l' UDR, du RPR, de l'UMP et de LR, auxquels benoitement, chaque année ou presque depuis près de 50 ans, je verse mon écot  d' adhérent (outre les promos spéciales, par exemple "engagement pour 5 ans").

Même JUPPE, même ALLIOT MARIE n'ont à aucun moment atteint le seuil critique de la stupidité, qui confine la bêtise rédhibitoire en un état second presque mystique, où cette fois-ci les responsables auto-proclamés du "suicide assisté" du parti LES REPUBLICAINS ont approché la perfection. Jugez-en:

Voici un Peuple, valeureux comme tous les peuples, mais plus valeureux et plus peuple que les autres parait-il, car il serait le seul à bénéficier d'une "exception culturelle" ou d'un "modèle social à la Française" (?) - bref un peuple au cerveau formaté au nom du Centralisme Démocratique par un Etat tentaculaire, du genre de celui décrit dans LE LEVIATHAN de Hobbes, donc un peuple asservi et docile, pour ne pas dire servile.

Ce Peuple est un peu spécial, rappelons-le ici; en effet, il est régicide. Il aime tuer ses rois. Pour en aimer un autre et le tuer ensuite. Et quand il n'y a plus eu de rois mais des Gouvernements éphémères présidés par un président du conseil en quasi intérim, le peuple s'est ennuyé; alors après la Guerre, à laquelle il est allé se faire trouer la peau fleur au fusil comme de bons petits veaux, les survivants ont choisi le premier prétexte venu (le gag d'un parachutage imminent sur Paris d'un commando parachutiste de l'OAS venant d'ALGER) pour crier panique et appeler aux fins fonds du désert dans lequel il effectuait une traversée historique un certain Général de Gaulle, dont les faits d'armes n'étaient connus que de son épouse Yvonne et de son cheval sans doute, à moins qu'il n'en eût pas (de cheval et de faits).

Et c'est donc ainsi que le fondateur du RPF, qui, avait-il pensé, aurait dû être le premier sinon l'unique parti de France, parvint enfin à ses fins (allitération volontaire) : l'Elysée pour 7 ans renouvelables.

En 1962, par un référendum anticonstitutionnel, il réussit à faire changer la Constitution et à y instaurer l'élection du Président de la République au suffrage universel direct par scrutin uninominal à 2 tours. Bon prince, le peuple n'y voit pas malice et vote pour (ce qui provoquera chez le Général une grosse faute de stratégie en 1969 - le référendum sur la suppression du Sénat, qu'il perdit et qui le perdit car il s'en alla sans crier gare errer dans les prairies brumeuses d'Irlande, abandonnant le pouvoir comme on quitte une catin).

Depuis cette date, le président tirant sa légitimité et son pouvoir directement du Peuple, et le Parlement ayant discrètement été privé des 3/4 de ses prérogatives par les articles 34 et 37 de la Constitution, nous sommes dans un régime présidentiel quasi monarchique, accentué encore par plusieurs articles de cette Constitution, tels ceux relatifs aux pleins pouvoirs, aux circonstances exceptionnelles,à l'état d'urgence, l'état de siège, le 49-3 ou vote bloqué, etc.

Au fond, c'est ce qui convient au Peuple. A condition de lui donner "panem et circenses", du pain et des jeux. Pour les jeux, il y a pléthore: dès, cartes, tarots, roulettes, grattages, lotos, lotteries, million, super million etc. Pour le pain il en va autrement. On a connu avec Edouard LECLERC la baguette à 1 Franc; était-ce il y a un siècle? la baguette est à 1,40 € à peu près (ou 2 ou 4, selon qu'on y ait ajouté quelques mllligrammes d'un petit quelque chose) ce qui représente un peu plus de 7 Francs je crois, et pourtant il n'y a pas eu de dévaluation depuis longtemps et l'inflation est devenue faible!

Pour le seconder dans ses stratégies électorales à venir, de Gaulle avait ressuscité son RPF moribond, rebaptisé UDR, et lui avait donné un vrai statut de parti de Gouvernement. Bien plus, en fait, car l' UDR était alors une structure puissante ayant son service d'ordre et ses comptes secrets. Le SAC remplissait les missions non officielles, la DGSE également mais dans un registre différend ( plasticage du Rainbow Warrior de Green Peace), et la Justice se contentait de s'occuper des affaires qu'on lui confiait, point barre.

Seulement voilà, une fois passées les années POMPIDOU, sans histoire comme tout ce qui est heureux car il y avait le plein emploi, les guerres étaient loin, y compris celle d'Algérie, et lorsque vint le cancer assassin terrasser peu à peu le bonhomme souriant, commença l'histoire moderne de la Vème République.

 

L'HERITAGE DANGEREUX

La dérive de la fonction présidentielle précéda celle de son parti, rebaptisé RPR.

Lors de la Présidentielle de 1974, le candidat Valéry GISCARD D'ESTAING, ancien Ministre des Finances de Georges POMPIDOU, fut le 2ème, après de Gaulle, à utiliser la bonne vieille technique de la désinformation. Pour de Gaulle c'était l'annonce d'un parachutage OAS sur l'Elysée, pour VGE ce fut, à quelques temps d'intervalle (le temps est important à définir entre le 1er et le 2ème coups), la publication par le Canard Enchainé de la feuille d'impôt de Jacques CHABAN DELMAS, Maire de Bordeaux (déjà!), patron du parti gaulliste et candidat à l'élection présidentielle. Le canard,outil de prédilection des délateurs ou manipulateurs en tout genre, expliquait sur plusieurs colonnes comment "CHABAN" aurait torturés les chiffres et Dieu sait quoi d'autre pour au bout du compte ne pas payer d'impôt ou presque.

Ce n'était ni du CAHUZAC ni du THEVENOUD, CHABAN n'étant pas ou n'ayant pas été sauf erreur Ministre du Budget ou des Finances avant d'accéder à Matignon. Mais le pauvre eu beau se défendre, crier au complot, au cabinet noir, à l'injustice, s'agissant de la simple application à son impôt d'un régime spécial résultant d'un crédit d'impôt tout à fait légal, rien n'y fit. CHABAN était un voleur. Un "présumé voleur" comme diraient les journalistes d'aujourd'hui, confondant présomption d'innocence et présomption de culpabilité. 

Et puis il y eut la rumeur. Sa femme était décédée dans des conditions suspectes, et il semblerait qu'elle ait été vite remplacée... De là à penser que le mari joli cœur et tennisman de talent style Lacoste "soit impliqué" (mots magiques n'ayant aucun sens mais très efficaces pour lancer la rumeur, d'autant que le mot impliquer peut avoir plusieurs sens) il n'y avait qu'un pas, vite franchi. CHABAN fut donc éliminé au profit de GISCARD.

Celui-ci avait bien préparé sa campagne : costumes stricts et port hautain, le verbe légèrement gouailleur de l'aristocrate (qu'il n'était pas) paternaliste, le cheveu rare plaqué en arrière et formant une couronne n'étant pas sans rappeler celle d' EINSTEIN, les affiches en couleurs avec femme, enfants et chiens. Et sa célèbre formule devant la caméra TV, sans doute maintes fois répétée et articulèe avec une évidente délectation "Monsieur MITTERRAND, vous n'avez pas le monopole du cœur!".

Donc un bon communiquant, à ses débuts. Mais peu après tout commença à dérailler. Son parti, les REPUBLICAINS INDEPENDANTS (RI), savamment construit, apparaissait à GISCARD, ivre de sa fonction, comme un peu trop réactionnaire et libéral, là où lui GISCARD ambitionnait de "gouverner au Centre", invitant par ailleurs des éboueurs à dîner à l'Elysée ou s'invitant à dîner chez un habitant choisi par "le hasard" (et recevant ensuite une équipe de décorateurs et magasiniers de théâtre venus remplacer toute la déco pour y mettre, le temps du tournage  TV, nappes, couverts, verres, assiettes, chaises dépareillées telles que VGE les imaginait chez le Français moyen.

Par ailleurs il s'en était fallu de peu que son mouvement de jeunes, les JRI, JEUNES REPUBLICAINS INDEPENDANTS, s'appelle "GENERATION SOCIALISTE ET LIBERALE", nouveau nom de baptème octroyé par son président nommé, l'inénarrable Dominique BUSSEREAU, assisté d'un certain Jean-Pierre RAFFARIN, déjà lourd et huileux, dans le regard tout au moins. Par chance, arrivé la veille du congrès en tant que président des JRI du Var, j'avais fait un tel scandale public que dans la nuit 300 kgs de statuts photocopiés ou ronéotypés, portant à chaque page mention du sigle GSL et sa signification, avaient été brûlés et remplacés dans la nuit par des statuts de GSL " GENERATION SOCIALE ET LIBERALE", ce qui n'a rien à voir évidemment.

Et puis li y eut les ministres de gauche - Simone WEIL peut entrer dans cette catégorie, mais sa contribution dans l'adoption du projet de loi sur l'avortement, sujet de société ultra sensible , appartient désormais à l'actif du septennat.

Côté parti, celui-ci était bétonné sur le même modèle que le RPR. Michel PONIATOWSKI y veillait personnellement et les Secrétaires Généraux n'avaient qu'à bien se tenir. Les Secrétaires Départementaux quant à eux étaient également désignés par PARIS, même si l'on pratiquait sur place un simulacre d'élection démocratique. C'est ainsi que fut d'abord nommé puis prétendument élu Secrétaire Départemental (ou Président) le Maire de TOULON, Maurice ARRECKX, directement soutenu par "PONIA", alors que cet homme, de notoriété publique, était à la fois tout sauf Républicain, régnant sur un empire gangréné par le grand banditisme et s'affirmant comme seul donneur d'investitures à toutes les élections locales, ceci pour placer ses lieutenants et quadriller la région.

 

 

SUITE PROCHAINEMENT